Houde dit Desrochers dit Desruisseaux (Hould, Houd, Houle)
par Claude Crégheur révisé par Benoît Desrochers
Vous connaissez sûrement Louis-José Houde, humoriste, ou les frères Pierre et Paul Houde, commentateurs sportifs et comédiens. Les plus anciens se souviendront sûrement de Camillien Houde, autrefois maire de Montréal. Et que dire de Réjean Houle, ancien joueur de l’équipe de hockey Les Canadien de Montréal. Eh bien, ils sont tous descendants d’une des familles les plus représentées de la région de Lotbinière, celle de Louis Houde et de Madeleine Boucher. Il faut tout de suite mentionner que nous retrouvons des actes sous les patronymes Hould, Houde, Houle, Desrochers et Desruisseaux.
La première concession attribuée à Sainte-Croix le fut à Louis Houde le 13 février 1682 par les Dames Ursulines de Québec, Seigneuresses de Sainte-Croix. Cette terre mesurait 9 arpents de front sur le fleuve et 40 arpents de profondeur, borné au sud-ouest par un petit ruisseau, et de l’autre, par les terres non concédées en bois debout.
Louis Houde était né vers 1616 à Manou dans l’ancienne province française du Perche. Aujourd’hui, c’est une petite commune, d’environ 575 habitants, d’Eure-et-Loire dans l’arrondissement de Nogent-le-Rotrou. Louis était le fils de Noël Houde et d’Anne Lefebvre et maçon de métier. Il est arrivé en Nouvelle-France en 1646 et a épousé Madeleine Boucher, fille de Marin Boucher et de Perrine Malet, le 12 janvier 1655 à Québec. Madeleine n’avait pas encore 14 ans à son mariage ayant été baptisée le 4 août 1641 à Québec alors que Louis avait déjà 38 ans.
La famille passe par Château-Richer avant de s’installer à Ste-Famille, Île d’Orléans. Au recensement de 1666, la famille est composée de Louis 49 ans, Madeleine 24 ans, Jean 7 ans, Louis 2 ans et Gervais 14 mois. Ils ont également un domestique du nom de Laurent Lefebvre 24 ans. Ce dernier était-il de sa parenté étant donné que sa mère était aussi une Lefebvre ? Un autre recensement fait en l’année 1681 nous informe sur la famille Houde demeurant toujours à Sainte-Famille de l’île d’Orléans : Louis 57 ans*, Madeleine 40 ans, Louis 19 ans, Gervais 17 ans, Jacques 14 ans, Marie 12 ans, Claude 10 ans, Louise 8 ans, Louis 6 ans, Joseph 3 ans, Simon 1 an. (*L’âge mentionné est bien « 57 ans » mais il est en désaccord les deux recensements précédents faits en 1666 et 1667 ce qui suggère une erreur.)
Louis et Madeleine ont eu 13 enfants entre 1658 et 1682, c’est-à-dire la période où ils ont vécu à l’Île d’Orléans. Après le déménagement à Sainte-Croix, Madeleine a mis au monde un 14e enfant.
Bien que leurs certificats de sépulture n’aient pas été retracés, Madeleine Boucher est décédée au cours de l’année 1709. Un inventaire de ses biens a été dressé le 28 octobre 1709 par le notaire Horné de Laneuville. Quant à Louis Houde, il est décédé au cours de l’année 1712. Son fils Louis l’aîné a été nommé en charge de la distribution de ses biens au mois de juillet 1712 par le notaire Horné de Laneuville.
Louis a probablement commencé à défricher sa terre dès l’été 1682 car au printemps il est toujours à l’Île d’Orléans (son dernier enfant Etienne y est baptisé le 5 avril). La première messe célébrée à Ste-Croix fut dans la maison de Louis Houde. En 1694, il donna le terrain pour la construction de la première chapelle.
On connaît les mariages de 12 enfants : Jean avec Anne Rouleau (23.08.1678); Louis (1) avec Marie (Madeleine) Lemay (Contrat le 14.06.1685); Marie avec Isaac-Joseph Garnier (17.10.1685); Jacques avec Marie Beaudet (Contrat le 06.10.1686); Gervais avec Catherine Denevers (24.11.1689); Louise avec Charles Lemay (26.05.1691); Claude avec Marie-Madeleine Lemay (vers 1692); Louis (2) avec Anne-Ursule Bisson (Contrat le 19.05.1697); Joseph avec Louise-Angélique Garnier (05.08.1697); Marie-Angélique avec Guillaume Rognon dit Laroche (Contrat le 07.04.1698); Simon avec Marie Frichet (23.11.1703); Étienne avec Élisabeth-Ursule Denevers (16.04.1708). Ces 12 enfants ont laissé une nombreuse descendance partout au Québec, au Canada et aux États-Unis.
Les Houde dit Desrochers sont de la lignée de Louis (2), les Houde dit Desruisseaux sont de la lignée de Jacques et il y a des Houde dit Bellefeuille qui sont des descendants de Joseph. Cependant, comme ce dernier n’a eu que deux filles, la descendance Houde dit Bellefeuille s’est arrêtée là. La raison la plus fréquemment évoquée pour l’utilisation de ces surnoms est que le nombre des enfants du couple ancestral étant élevé et les mêmes prénoms étant souvent repris, les autorités ont jugé bon d’identifier certains descendants par un surnom inspiré de l’endroit où les fils s’étaient établis. Ainsi après son mariage, Jacques Houde s’est installé à la limite est du fief Maranda, là où des ruisseaux dévalaient la falaise et certains de ces fils ont adopté ce surnom qui a fini par s’imposer à la place du nom original. Il faut noter toutefois que, dans certains cas, après 2 ou 3 générations, certains Desruisseaux ont repris le nom Houde.
Pour les Desrochers, Louis (2) s’était installé au fief Bonsecours où on retrouvait au bas de la falaise un amoncellement de rochers. Le surnom Desrochers accolé à Louis (2) apparait pour la première fois lors de son hospitalisation (13 juin 1700) peu de temps après son mariage. La situation du surnom Desrochers est différente du surnom Desruisseaux alors que tous les descendants de Louis (2) ont fini par adopter le surnom. Ainsi on ne retrouve pas aujourd’hui de descendants portant le nom Houde qui remontent à Louis (2).
Il y a un autre patronyme qui s’est ajouté plus tard. C’est le patronyme Leclerc (avec diverses variantes d’écriture : Clair, Leclair…). Jean Houde est l’aîné de la famille Houde. Gabriel, un de ses garçons a épousé Jeanne Petitclerc. Cette dernière a péri dans l’incendie de sa maison et, pour lui rendre hommage, certains de ces garçons ont adopté son nom de famille à elle. Ainsi, certains Leclerc sont des descendants de Louis Houde et Madeleine Boucher et il en est de même pour tous les Desruisseaux et un grand nombre de Desrochers.
Les Houde ont l’esprit d’entreprise et aiment la politique. Il y a eu la manufacture de vêtements située dans la rue Legendre à Saint-Croix et entreprise de Delphis Houde (1876-1941). Il était associé avec son beau-père Bernard Laroche (1848-1929)
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Droite : M. Delphis Houde
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On compte également l’illustre Camillien Houde (1889-1958), ancien maire de Montréal (1928 à 1932, de 1934 à 1936, de 1938 à 1940 et de 1944 à 1954). Élu député conservateur dans Montréal-Sainte-Marie en 1923. Défait en 1927. Réélu à l’élection partielle du 24 octobre 1928. Élu chef du Parti conservateur le 10 juillet 1929. Chef de l’opposition conservatrice de 1929 à 1931. Défait dans Montréal-Saint-Jacques et dans Montréal-Sainte-Marie en 1931. Démissionna comme chef du Parti conservateur le 19 septembre 1932. Candidat conservateur défait dans la circonscription fédérale de Montréal-Saint-Henri à l’élection partielle du 17 janvier 1938. Élu député indépendant dans la circonscription provinciale de Montréal-Sainte-Marie en 1939. Ne s’est pas représenté en 1944. Candidat conservateur défait dans la circonscription fédérale de Montréal-Sainte-Marie en 1945. Élu député indépendant à la Chambre des communes dans Papineau en 1949. Ne s’est pas représenté en 1953.
Nous ne pouvons passer sous silence plusieurs maires de Lotbinière :
Pierre Houde : maire paroisse 1878-1879- Victoric Houde : maire paroisse 1896-1897
- Albéric Houde : maire village 1931-1948
- Camillien Houde : maire paroisse 1933-1951
Il y en a eu sûrement d’autres dans d’autres municipalités.
Il y a les sportifs et ceux qui s’intéressent au sport. D’abord, Réjean Houle, né le 25 octobre 1949 du mariage de Raymond Houle et Jacqueline Boucher. Il a évolué pour les Canadiens de Montréal de 1969 à 1973 et de 1976 à 1983, ainsi que pour les Nordiques de Québec dans l’Association mondiale de hockey de 1973 à 1976.
Il a gagné les trophées suivants :
- Coupe Memorial : 1969
- Coupe Stanley : 1971, 1973, 1977, 1978, 1979
Et il a été directeur général des Canadiens de Montréal de 1996 à 2000.
Réjean est de la descendance de Louis Houde et Marie-Madeleine Lemay.
Il y a également les 2 frères Paul et Pierre Houde, commentateurs sportifs et comédien pour Paul. Ils sont les fils de Paul Houde et Louise Achim. Ils sont également de la descendance de Louis Houde et Marie-Madeleine Lemay.
Il y a bien sûr l’humoriste Louis-José Houde, l’homme qui parle plus vite que son ombre. Il est né à Saint-Apollinaire en 1977 du mariage de Martin Houde et Angèle Caron. Il est sorti de l’École de l’Humour en 1998. Stand-up comique et acteur, on l’a vu dans Bon cop bad cop, De père en flic et Le sens de l’humour. Il est descendant de la lignée de Jacques Houde et Marie-Louise Beaudet.
On connait également Germain Houde, acteur québécois, qui a joué dans plusieurs films dont Un zoo la nuit (1987) et Léolo (1992) et comédien dans plusieurs séries télévisées dont la plus connue a été Les filles de Caleb. Il est né en 1952 à L’Anse-St-Jean, fils de Fernand Houde et de Rachel Girard. Il descend de la lignée de Jacques Houde et Marie-Louise Beaudet.
Association des familles Houde
http://www.famillelouishoude.com/
Références
PARADIS, Louis-Laurent. Les Annales de Lotbinière 1672-1938. Patrimoine et histoire des seigneuries de Lotbinière, nouvelle édition revue et corrigée, Sainte-Croix, 2010, 445 pages.
BEAUDET, Mme Cyrille. Album souvenir des Fêtes du 250e anniversaire de la paroisse de St-Louis-de-Lotbinière. 1724-1974. 1974, 136 pages.
ASSEMBLÉE NATIONALE. [en ligne]. http://www.assnat.qc.ca/fr/index.html [consulté en janvier 2014].
ASSOCIATION DES FAMILLES HOUDE. [en ligne]. http://www.famillelouishoude.com/ [consulté en janvier 2014].
WIKIPÉDIA. [en ligne]. https://fr.wikipedia.org/wiki/Houde [consulté en janvier 2014].
PLANÈTE GÉNÉALOGIE. [en ligne]. http://genealogie.planete.qc.ca/ [consulté en janvier 2014].
LE QUÉBEC, UNE HISTOIRE DE FAMILLE. [en ligne]. http://lequebecunehistoiredefamille.com/ [consulté en janvier 2014].